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No one

Une nuit d’été caniculaire. L’air est moite, presque irrespirable. Une pompe à essence isolée, au milieu de nulle part, totalement décrépie.

Derrière son comptoir, Roland, seul, regarde la TV.
Soudain un groupe de touristes et son tour manager, Rosa débarquent. Tombés en panne quelques kilomètres plus loin, harassés par la chaleur, épuisés par leur voyage et tendus par un début de vacances ratés, ils sont à fleur de peau.

Coupée du monde, sans réseau, Rosa tente de joindre l’assistance dépannage. Tout cela pourrait très bien se terminer… sauf que, l’unique téléphone, leur seul moyen de s’en sortir, disparaît sans laisser de traces.

Les hostilités commencent entre un Roland suspicieux, un mystérieux motard casqué, une mère dépassée par son enfant en pleurs, un jeune gars énervé et un groupe de touristes en colère.

Quelqu’un va devoir payer pour les autres….

Le groupe va désigner son coupable !

Mais qui ?

Au travers de cette nouvelle création, nous poursuivons le questionnement entamé dans nos précédents projets : questionner la place du vivant dans notre environnement. Dans notre écriture théâtrale, nous travaillons à mettre le vivant en danger, à aller aux extrémités de l’humanité et à explorer le « hors-norme » afin de rappeler avec force la précarité infinie de l’existence et la fragilité de la condition humaine. Comme si cet acte permettait une plus grande appréhension de ce que nous sommes et de ce qui nous anime. Pour ce projet, nous décidons, une fois de plus, de « fouiller » et « disséquer » les corps. Il s’agira ici d’un corps en danger évoluant dans un milieu hostile.

En effet, l’écriture de no One – no Where, repose sur la tension entre un individu et un groupe.

D’une part, c’est la mise en place d’un groupe spontané, son mécanisme et sa force qui motive notre écriture. Notre intention est de décortiquer les mécanismes qui engendrent la dissolution de la responsabilité et la désignation d’un bouc émissaire au sein d’une foule. Mais aussi la puissance de celle-ci lorsqu’elle qu’elle amène au pire : le lynchage d’un bouc émissaire.

D’autre part, il nous importe de donner à voir le moment de l’après, ce qui succède le lynchage. Quand la violence est retombée et le groupe dissous, comment l’individu conscientise-t-il ses actes, comment revient-il à lui-même et retourne-t-il à son quotidien ?

Nous avons creusé la matière dramaturgique autour de la figure du bouc émissaire et ses conséquences, mais aussi autour du fonctionnement de la foule, sa force et sa « psychologie ». Rapidement, nous nous sommes retrouvés face à une série d’interrogations, de résonnances dérangeantes avec certains faits de l’actualité, de heurts avec nos convictions.

Comment une-t-elle horreur est-elle possible ?

D’où vient le caractère frénétique et barbare de la foule ?

Ne sommes-nous sommes pas confrontés quotidiennement à la figure du bouc-émissaire, au principe de lynchage ?

Lynchage médiatique, politique, cyberlynchage ?

Quelle nécessité derrière le lynchage ?

Et moi ?

Si c’était moi, d’un côté ou de l’autre ?

Quel rôle ai-je à jouer dans ce mode de comportement ?

Quelle conscience puis-je développer entre ma pensée individuelle et la conscience du collectif ?

Aujourd’hui, convaincus qu’il nous faut apprendre à penser par soi-même et pour soi-même dans une conscience du collectif. Et parce qu’il nous apparaît impératif de questionner nos responsabilités individuelles au sein du groupe, d’interroger la façon dont collectivement nous construisons du sens, nous entamons cette nouvelle création No One/ no Where. Notre écriture théâtrale se veut être une expérience viscérale et existentielle destinée à conjurer l’indifférence. Car nous le pensons, le théâtre a une responsabilité, celle d’éveiller le sens de l’humain. « En suscitant de véritables électrochocs esthétiques, il doit se confronter aux limites de l’expérience humaine et produire des situations extrêmes qui renvoient le spectateur aux principes qui fondent l’humanité. »

  • Conception et mise en scène : Sophie Linsmaux et Aurelio Mergola
  • Interprétation : Colin Jolet, Muriel Legrand, Sophie Leso, François Regout, (distribution en cours)
  • Scénario : Sophie Linsmaux, Aurelio Mergola, Thomas van Zuylen
  • Scénographie : Aurélie Deloche
  • Création lumière et régie générale : Hugues Girard
  • Création sonore : Guillaume Istace
  • Mise en espace et en mouvement : Sophie Leso
  • Accessoires et assistante scénographie : Chloé Jacqumotte
  • Création costumes : Camille Collin
  • Assistanat général : Sophie Jallet
  • Construction et effets spéciaux : Didier Rodot
  • Illusion : Tom Oelbrandt
  • Accompagnement à la production et à la diffusion : Bloom Project - Claire Alex
  • Une production de la compagnie Still Life
  • Coproduction : le Théâtre Les Tanneurs, la maison de la culture de Tournai/maison de création et La Coop asbl
  • Une production déléguée du Théâtre Les Tanneurs
  • Avec le soutien du Ministère de la Fédération Wallonie-Bruxelles - service du théâtre, de Shelterprod, du Taxshelter.be, ING, du Tax-Shelter du gouvernement fédéral belge
  • Avec l’aide du Centre des Arts scénique, de la SACD, de la résidence Ad Libitum, du Théâtre de l’Ancre, du Théâtre 140 et de l’Infini Théâtre
  • La compagnie Still Life est artiste associé au Théâtre Les Tanneurs
Dossier de Presse - Fiche Technique